Un domaine chargé de plus de six siècles d’histoire au cœur de la vallée de la Loire
Ce petit château à l'histoire discrète est resté dans l'ombre de son grand voisin le château d'Azay-le-Rideau
Geneviève Guilpain
Premier aveu mentionnant l’hébergement du Plessis Gallu. Jean de Brion est vassal de Jean de Sancerre, seigneur d’Azay-le-Rideau. Dans le système féodal, la terre du Plessis-Gallu relève de la terre d’Azay.
Aveu rendu au seigneur d’Azay-le-Rideau à cause de son fief du Plessis-Gallu.
Écuyer, avocat au parlement, seigneur du Plessis-Gallu. Le parrain de son fils Artus (1612) est le puissant Artus de Luzignan dit Saint-Gellays, seigneur d’Azay. La famille de Gennes sera seigneur jusqu’en 1644.
Conseiller du Roi au siège royal de Chinon, époux de Suzanne Desloges. Son fils Jean-François hérite du domaine et sera bailli de la châtellenie d’Azay.
Marthe de la Barre épouse Jean d’Alègre. Leur fils Thomas-Antoine d’Alègre deviendra seigneur du Plessis-Gallu et de la Clousière.
Thomas d’Alègre vend le domaine à Cyr Emery Pigou, receveur de l’enregistrement, pour 1 700 francs de rente annuelle. Pigou deviendra maire d’Azay de 1830 à 1842.
Notaire et banquier, acquiert le domaine pour 20 000 francs du Baron de Charentais. Il le revendra en 1882 pour 52 000 francs.
Issue d’une célèbre famille de banquiers parisiens, immortalisée enfant par Renoir, elle acquiert le domaine pour 200 000 francs. Elle le revendra en 1938 avant d’être déportée à Auschwitz en 1944.
Le domaine devient une maison de convalescence jusqu’en 2012.
Le domaine devient une maison de convalescence jusqu’en 2012.
Le collectionneur Charles Ephrussi, propriétaire de la Gazette des beaux-arts et proche de la famille Cahen d’Anvers, présente en 1880 Pierre-Auguste Renoir au banquier Louis Cahen d’Anvers.
Celui-ci commande à l’artiste le portrait de ses filles, dont La Petite Fille au ruban bleu (Irène, 1880) et le célèbre « Les demoiselles Cahen d’Anvers » (1881), où les cadettes Elisabeth et Alice posent ensemble. Cette œuvre est conservée au Musée d’Art de São Paulo.
Elizabeth Cahen d’Anvers, la petite fille en bleu du tableau, deviendra propriétaire du Plessis Gallu de 1924 à 1938. Arrêtée en 1944, elle périt à Auschwitz à l’âge de 69 ans.
Plessis : nom masculin apparu vers 1120. D’abord lieu fortifié entouré de palissades, une forteresse protégée par une clôture d’arbres attachés les uns aux autres. Au 12ème siècle, haie tressée serrée pendant l’hiver qui se transforme en ellipse bocagère au printemps.
Le mot Gallu reste mystérieux. Gallus, en latin, signifie coq. Sachant la Touraine envahie par les Anglais à cette époque médiévale, ce terme pourrait venir du gallois gallu (caer) signifiant « pouvoir ».
Le château du Plessis Gallu datant de 1379 possède des éléments de défense caractéristiques : canonnières, mâchicoulis et meurtrières sur le mur de rempart, particulièrement visibles à l’entrée du chemin du Plessis.
Une étude architecturale en cours révèle une origine médiévale confirmée par les 4 tours du château, le prolongement du mur d’enceinte et les vestiges d’une tour supplémentaire. Le domaine possède également de profondes carrières non utilisées.
Ce récit s’appuie sur des recherches historiques approfondies menées à partir d’archives locales et de documents d’époque.
Un travail minutieux qui permet de retracer l’histoire du Domaine Plessis Gallu à travers les siècles.
Avec nos sincères remerciements à Geneviève Guilpain pour la qualité de ses recherches.
Les informations présentées proviennent notamment des archives départementales d’Indre-et-Loire, des registres d’état civil et des archives d’Azay-le-Rideau.