L’HISTOIRE DU CHÂTEAU PLESSIS GALLU
Un patrimoine tourangeau depuis 1379
« Ce petit château à l’histoire discrète est resté dans l’ombre de son grand voisin le château d’Azay-le-Rideau. »
Recherches historiques de Geneviève Guilpain — Azay Autrefois
Frise Chronologique
Jean de Brion — Premier Seigneur
Premier aveu mentionnant l’hébergement du Plessis Gallu. Jean de Brion est vassal de Jean de Sancerre, seigneur d’Azay-le-Rideau. Dans le système féodal, la terre du Plessis-Gallu relève de la terre d’Azay.
Nicolas Desaubuys
Aveu rendu au seigneur d’Azay-le-Rideau à cause de son fief du Plessis-Gallu.
Jean de Gennes & Anne Maille
Écuyer, avocat au parlement, seigneur du Plessis-Gallu. Le parrain de son fils Artus (1612) est le puissant Artus de Luzignan dit Saint-Gellays, seigneur d’Azay. La famille de Gennes sera seigneur jusqu’en 1644.
François de la Barre
Conseiller du Roi au siège royal de Chinon, époux de Suzanne Desloges. Son fils Jean-François hérite du domaine et sera bailli de la châtellenie d’Azay.
Famille d’Alègre
Marthe de la Barre épouse Jean d’Alègre. Leur fils Thomas-Antoine d’Alègre deviendra seigneur du Plessis-Gallu et de la Clousière.
Cyr Emery Pigou
Thomas d’Alègre vend le domaine à Cyr Emery Pigou, receveur de l’enregistrement, pour 1 700 francs de rente annuelle. Pigou deviendra maire d’Azay de 1830 à 1842.
Charles Lemaître
Notaire et banquier, acquiert le domaine pour 20 000 francs du Baron de Charentais. Il le revendra en 1882 pour 52 000 francs.
Elizabeth Cahen d’Anvers
Issue d’une célèbre famille de banquiers parisiens, immortalisée enfant par Renoir, elle acquiert le domaine pour 200 000 francs. Elle le revendra en 1938 avant d’être déportée à Auschwitz en 1944.
L’Entraide Coopérative
Le domaine devient une maison de convalescence jusqu’en 2012.
Sophie & François Michel Duguet
Les nouveaux propriétaires réalisent d’importantes restaurations du château et des communs pour y proposer des locations de vacances de grand standing.
Renoir & les Cahen d’Anvers
Le collectionneur Charles Ephrussi, propriétaire de la Gazette des beaux-arts et proche de la famille Cahen d’Anvers, présente en 1880 Pierre-Auguste Renoir au banquier Louis Cahen d’Anvers.
Celui-ci commande à l’artiste le portrait de ses filles, dont La Petite Fille au ruban bleu (Irène, 1880) et le célèbre « Les demoiselles Cahen d’Anvers » (1881), où les cadettes Elisabeth et Alice posent ensemble. Cette œuvre est conservée au Musée d’Art de São Paulo.
Elizabeth Cahen d’Anvers, la petite fille en bleu du tableau, deviendra propriétaire du Plessis Gallu de 1924 à 1938. Arrêtée en 1944, elle périt à Auschwitz à l’âge de 69 ans.
Origine du mot « Plessis »
Plessis : nom masculin apparu vers 1120. D’abord lieu fortifié entouré de palissades, une forteresse protégée par une clôture d’arbres attachés les uns aux autres. Au 12ème siècle, haie tressée serrée pendant l’hiver qui se transforme en ellipse bocagère au printemps.
Le mot Gallu reste mystérieux. Gallus, en latin, signifie coq. Sachant la Touraine envahie par les Anglais à cette époque médiévale, ce terme pourrait venir du gallois gallu (caer) signifiant « pouvoir ».
Architecture Médiévale
Le château du Plessis Gallu datant de 1379 possède des éléments de défense caractéristiques : cannonnières, mâchicoulis et meurtrières sur le mur de rempart, particulièrement visibles à l’entrée du chemin du Plessis.
Une étude architecturale en cours révèle une origine médiévale confirmée par les 4 tours du château, le prolongement du mur d’enceinte et les vestiges d’une tour supplémentaire. Le domaine possède également de profondes carrières non utilisées.
Sources
Sincères remerciements à Geneviève Guilpain pour ses recherches approfondies.
Inventaire sommaire des archives départementales antérieures à 1790 — Archives civiles d’Indre-et-Loire.
Registres d’État civil, Recensements, Archives d’Azay-le-Rideau, Archives départementales.